Financement d’un fauteuil ergonomique par l’employeur

​​Comment obtenir une chaise ergonomique auprès de l’employeur ?

​​Il est en principe de la responsabilité de l’employeur de nous fournir le matériel nécessaire à la réalisation de nos missions. Ainsi quand on s’installe à un nouveau poste de travail, il y a déjà le bureau, la chaise et l’ordinateur.

Le problème, c’est qu’il s’agit parfois de matériel extrêmement basique, dont une simple chaise sur quatre pieds, sans roulettes, sans réglage, sans assise rembourrée. Alors bien sûr, l’idéal serait que tout employé ait du matériel confortable pour travailler. C’est plus agréable et surtout, pour rassurer l’employeur, toutes les études montrent que cela améliore la productivité.

Ici, la question à laquelle nous allons répondre concerne strictement les chaises ergonomiques. Puisqu’une chaise ergonomique a un impact direct sur la santé, les arrêts maladie et la productivité, est-il possible que l’achat du fauteuil ergonomique soit effectué par l’employeur ? Dans quel cas un salarié peut-il bénéficier d’une chaise financée par son entreprise ?

​Les obligations de l’employeur

​Le Code du Travail est très clair, l’employeur a l’obligation d’assurer la sécurité et de préserver la santé physique et mentale de tous ses employés. C’est écrit dans l’article L. 4121-1 du Code du Travail (à lire ici).

Cela passe par de la prévention, de la formation et des mesures et moyens concrets pour assurer la sécurité de tous. C’est ce qui justifie l’interdiction de fumer sur le lieu de travail, la mise en place d’un système d’aération optimale, les rendez-vous avec la médecine du travail et bien plus.

⇨ Le non-respect de ces obligations peut entraîner des sanctions contre l’employeur.
⇨ Le non-respect de ces obligations peut également conduire le salarié à utiliser son droit de retrait, sous certaines conditions (ainsi il doit d’abord demander à son employeur d’améliorer la situation).

Le fauteuil ergonomique est-il un accessoire pour la santé ?

Le terme de fauteuil ergonomique peut recouvrir plusieurs choses. Nous évoquons ici les chaises véritablement ergonomiques, c’est-à-dire avec différents éléments réglables : le dossier, l’assise, les accoudoirs.

Un tel fauteuil peut être acheté par tout le monde, à titre préventif ou suite à des douleurs au dos. Par contre dans un cadre professionnel et en vue de faire financer son achat par l’employeur il faut prévoir un rendez-vous médical.

Les éléments de base pour formuler sa demande à son employeur

Nous parlons ici véritablement de santé et malheureusement pas de prévention. Et il est probable qu’il faudra s’armer d’un peu de patience. En effet, pour commencer, il faudra rendre visite au médecin du travail en plus du médecin traitant qui suit vos soucis de santé.

⇨ Avec votre médecin traitant

Commencez par construire un dossier avec votre médecin traitant avec tous vos résultats d’analyse ou vos radios. Inutile d’en faire trop, ce n’est pas lui qui a besoin d’être convaincu. Par contre c’est lui qui vous connaît le mieux et qui pourra vous conseiller.

⇨ Avec le médecin du travail

C’est le médecin du travail et uniquement lui qui peut établir une recommandation d’aménagement. Il s’agit du document indispensable pour obtenir un nouveau fauteuil ergonomique financé par l’employeur.

La demande va donc être formulée de façon officielle, soit au comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (dit CHSCT, dans les entreprises de plus de 50 employés), soit à la DRH. L’employeur est tenu de prendre en considération cette demande.

L’employeur peut-il refuser la demande d’un fauteuil ergonomique ?​

Suite à votre demande avec la lettre de recommandation d’aménagement du médecin du travail, il est effectivement possible que l’employeur refuse. Le refus doit être rédigé, c’est à dire écrit, et il doit être accompagné des motifs le justifiant.

Dans ce cas, il est nécessaire de prévoir rapidement un nouveau rendez-vous avec le médecin du travail pour trouver une alternative. Si aucune alternative n’est possible, l’employé peut être déclaré inapte pour son poste de travail. Cependant pour ce genre de demande, il est relativement rare d’en arriver à une telle extrémité.

Qui finance la chaise ergonomique ?

En principe, l’employeur doit financer la chaise.

Toutefois, suivant le motif à l’origine de la demande, l’employé peut entreprendre les démarches pour être considéré en situation de handicap. Dans ce cas-là, la chaise peut être partiellement ou totalement prise en charge par le fonds pour l’insertion professionnelle des handicapés (l’AGEFIPH).

Anticiper les besoins en chaise ergonomique lors de travaux

Dans un monde idéal, une entreprise qui renouvelle son mobilier de bureau ou qui installe de nouveaux locaux travaillerait systématiquement en lien avec des professionnels de l’ergonomie ou même juste la médecine du travail.

Investir dans des chaises ergonomiques, ne serait-ce qu’à minima, pour tous les employés, c’est faire un investissement en faveur de son entreprise. Il en va de même quand on impose ensuite une formation sur la bonne posture sur son fauteuil ou face à un écran. D’ailleurs, petite parenthèse, ce genre de formation apporte un vrai plus pour soutenir les employés qui sont en télétravail.

De plus les fauteuils ergonomiques ne sont pas toujours beaucoup plus chers qu’un simple fauteuil. La différence peut être d’une cinquantaine d’euros seulement. Il est également possible de prévoir quelques repose-pieds pour vraiment penser à tous les employés.

Cette différence de prix peut être rentabilisée dès la première année. Une meilleure posture diminue les douleurs dans le dos, la nuque et les épaules. Certaines douleurs conduisent à des arrêts maladie. Et beaucoup de douleurs troublent seulement la concentration des employés et donc leur productivité.

Ainsi améliorer le poste de travail de tous les salariés permet de limiter le stress, l’absentéisme, le turn-over. Cela augmente les performances et la qualité des relations dans l’équipe. Et ces effets sont présents chez tous les employés, sans avoir besoin d’attendre qu’un médecin du travail intervienne quand il est trop tard pour la santé d’une personne en particulier.